Un objectif : se saisir du « sujet IA » de manière concrète
L’intelligence artificielle est au cœur de l’actualité depuis deux ans, et les fantasmes sur son impact sont nombreux. Tout le monde en parle ou en entend parler, certains résumant même l’IA à ChatGPT…
Plus que des débats techniques ou philosophiques, il nous a semblé primordial de mesurer l’impact concret de l’IA sur les métiers.
- Dans quelle mesure l’adoption de l’IA va-t-elle faire évoluer les organisations, en particulier pour la fonction Achats ?
- Comment se saisir de ce « sujet IA » ?
- Quel point de départ pour en tester les possibilités ?
- Quelles adaptations prévoir au sein de son organisation pour bénéficier de sa valeur ajoutée ?

La réunion d’un collectif de 15 grands groupes
En lançant l’Initative IA/HA, nous avons souhaité nous concentrer sur la mise en pratique et le « test and learn », pour obtenir des réponses concrètes et aider les Directions Achats à se construire leur propre avis.
Pour cela, Cubik Procurement (ex-By.O Group) a réuni des équipes Achats/Digital/IT de près de 15 grands groupes au sein de l’initiative IA/HA : Alstom, Bel, Crédit Agricole, Enedis, Hermès, Idemia, L’Oréal, LVMH, le Ministère des Armées, Pernod Ricard, Société générale, Safran, TotalEnergies, Veolia.
L’ambition de ce collectif: identifier, tester et développer des applications concrètes et opérationnelles de l’intelligence artificielle pour répondre aux problématiques de la fonction Achats.

Des cas d’usage développés sur la base de datasets réels
En tout, ce sont 10 cas d’usage qui ont été développés, sur la base de datasets fournis par les entreprises participantes et de données externes, et suivant une méthodologie rigoureuse :
- Définition précise des objectifs métiers avant toute implémentation technologique.
- Modélisation des tâches et identification des données nécessaires.
- Tests de faisabilité pour valider la pertinence des solutions envisagées.
- Analyse des résultats pour en tirer des enseignements actionnables.
Parmi les cas d’usage développés : automatiser un process Achats complet (du cahier des charges au pricing jusqu’à la pré-attribution); identifier les écarts entre la feuille de route bas carbone des fournisseurs et leurs déclaratifs RSE; consolider des données provenant de sources logicielles différentes; générer des synthèses de contrats; analyser en permanence les risques fournisseurs systémiques sur la base des informations externes de sources variées…
La transformation du métier d’acheteur avec l’IA
Trois transformations majeures se dessinent :
- L’accélération des décisions, grâce à l’analyse prédictive et à l’automatisation des tâches répétitives.
- La gestion des données à grande échelle, permettant une meilleure visibilité sur les dépenses, les risques et les opportunités.
- L’évolution des compétences, avec un rôle recentré sur l’analyse, l’arbitrage et la création de valeur.
Contrairement aux craintes parfois exprimées, l’IA ne remplace pas les acheteurs : elle redéfinit leur périmètre d’action, en leur permettant de se concentrer sur des missions à plus forte valeur ajoutée.
« L’acheteur n’est plus un simple négociateur, mais un pilote de la performance globale de l’entreprise. L’IA l’augmente, mais c’est son expertise qui reste déterminante » résume Matthieu Magné.

