

456 millions d’hectares de terres agricoles : un potentiel à valoriser durablement au service de la souveraineté alimentaire.

EXPERTISE
Un enjeu pour les secteurs agricole et alimentaire.
Notre équipe a assisté à une conférence sur les communs en Afrique intitulée « Quelles politiques publiques pour les communs ? », organisée par l’AFD (Agence française de développement) à Paris. Au-delà des politiques publiques, cet évènement a permis de mettre en avant des notions éclairantes pour le développement agricole en Afrique et le développement économique de tout le continent. Les notions abordées s’appuient notamment sur l’ouvrage « L’Afrique en communs ».
Les communs en Afrique : piliers sociétaux et environnementaux.
Un commun est défini comme une ressource en accès partagé, gérée et maintenue collectivement par l’ensemble des personnes ou des communautés qui y ont accès. Ces personnes partagent l’obligation de préserver cette ressource. La communauté établit ainsi des règles de gouvernance dans le but de préserver et de pérenniser ces ressources. Ces règles peuvent impliquer la mise en place d’une structure de gouvernance chargée de vérifier que l’accès et les obligations sont respectés.
Une valeur sociétale
Agriculture et communs en Afrique.
Malgré son développement urbain progressif, l’Afrique demeure majoritairement caractérisée par son caractère rural. Avec environ 456 millions d’hectares de terres agricoles disponibles, une grande partie est composée de forêts et de zones nécessitant une conservation. L’agriculture, qui occupait 53 % de la force de travail en 2019, continue de prédominer sur le marché de l’emploi.
Les terres et les ressources naturelles constituent ainsi le fondement économique de millions d’habitants des zones rurales, influençant directement les questions de souveraineté alimentaire, de paix sociale et de développement économique.
La gestion des communs en Afrique représente ainsi un enjeu clé pour le secteur agricole, afin de répondre au défi de nourrir l’ensemble de la population dans un contexte d’explosion démographique sur le continent au cours des prochaines décennies.
L’accentuation de la pression sur les « communs »
Le défi de conjuguer souveraineté alimentaire et durabilité.
- La souveraineté alimentaire représente un défi pour le continent africain, et les communs jouent un rôle central. Les ressources doivent être protégées contre l’accaparement des terres, la déforestation et les changements climatiques, dans un contexte de croissance démographique rapide.
- Pour répondre à ce défi, il est nécessaire de favoriser les projets de développement agricole à toutes les échelles. Au delà du financement, la mise en place de politiques publiques et d’initiatives locales visant à soutenir les circuits courts et les marchés locaux peut renforcer la souveraineté alimentaire, tout en garantissant que la production bénéficie directement aux communautés locales.
- Mais ces projets doivent inclure la promotion de pratiques agricoles durables, comme l’agroécologie ou l’agriculture régénératrice. Ces méthodes, en plus de maximiser la productivité des terres, favorisent la biodiversité et la résilience des systèmes alimentaires face aux changements climatiques.

